le Billet Vert : recyclons les masques

Recyclons les masques !

Si la crise sanitaire a eu des effets positifs sur l’environnement en ralentissant l’activité humaine, elle a aussi son lot d’impacts négatifs et notamment la pollution générée par les milliers de maques jetés dans la rue, ou dans la nature. Au même titre que les blouses et les gants en latex utilisés par le personnel hospitalier, les masques sont considérés comme des déchets infectieux qui sont généralement incinérés pour des raisons de sécurité sanitaire, et le procédé de décontamination étant très technique cela peut être un frein au recyclage.

Des groupes de recherche se sont mobilisés sur ce sujet des masques : depuis mars, un consortium réunissant notamment le CNRS, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et plusieurs universités et CHU a lancé des réflexions pour tenter d’éliminer la charge virale des masques en vue de leur réutilisation.

A Châtellerault dans la Vienne, la start-up Plaxtill spécialisée à la base dans le recyclage des textiles, a voulu démontrer que la pollution liée aux masques n’était pas une fatalité. Après le premier confinement, elle décide de réorganiser sa chaîne de production, et elle réussit à mettre au point un système de recyclage unique en France. Grâce à une cinquantaine de points de collecte installés dans la ville de Châtellerault, principalement dans les pharmacies et les commerces volontaires, l’entreprise peut réutiliser jusqu’à 30000 masques en un mois: après un processus de désinfection, sont transformés en plastique réutilisable pour la fabrication d’autres objets comme des visières de protection.

Du côté de Tour, c’est la start-up NeutraliZ Protection Essentielle qui assure le traitement des 60 à 85 tonnes de déchets de masques produits mensuellement par la ville. Une centaine de bornes ont été déployées pouvant contenir chacune jusqu’à 8 kilos de masques usagés, avec la possibilité de faire le tri entre masque jetables et masques en tissus. Une fois collectés, décontaminés et recyclés, les masques pourront servir dans les filières du textile, du bâtiment ou encore de la plasturgie. Ce processus de recyclage s’organise en coordination avec une dizaine d’entreprises françaises, dans le but de structurer une véritable filière de recyclage.

Pour aller dans le sens de ces solutions, et optimiser le recyclage des masques, il est nécessaire d’adopter les bons gestes de tri et les réflexes éco-responsables dans ce domaine : pensons à jeter nos masques dans la poubelle tout-venant et non dans le bac de recyclage et quand c’est possible, privilégions les masques en tissu qui restent la meilleure alternative pour limiter la pollution des masques jetables.

Le Projet Résilience rassemble des PME du textile, des entreprises d’insertion et des entreprises œuvrant pour la re-localisation de l’industrie textile en France, pour nous aider à choisir des masques dont la provenance et les modes de fabrication les plus vertueux possibles. Il y a aussi le site de l’AFNOR Spec qui met en lien avec des vendeurs fiables et qui propose même un guide pour confectionner les masques soi-même pour les plus motivés !

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