L’« Après M », fast-food social et solidaire.

Quand un fast-food en liquidation judiciaire est reconverti en un espace de solidarité et d’aide alimentaire… Non ce n’est pas futuriste, c’est ce qui s’est passé cette année dans un ancien McDonald’s des quartiers nord de Marseille.

À l’arrêt depuis fin 2019 suite à sa mise en liquidation judiciaire, ce restaurant situé à Saint-Barthélémy (14e arrondissement), a été réquisitionné par d’anciens employés soutenus par les habitants du quartier, afin de le transformer en une plateforme de distribution alimentaire.

Ce sont des dizaines de bénévoles qui se sont mobilisés pour rendre ce projet possible dès l’annonce du premier confinement au printemps dernier : travailler avec des chefs pour élaborer des hamburgers sains, négocier avec des producteurs locaux pour les produits, tout est pensé pour faire mieux que le géant américain low-cost de la malbouffe.

C’est ainsi que l’ex McDo de Saint-Barthélémy est devenu un “fast-food social”, sous la forme d’une coopérative qui conjugue banque alimentaire et lieu d’insertion professionnelle, au sein d’un arrondissement où le taux de pauvreté dépasse les 40%.

C’était «la place du village» depuis des années explique un militant associatif qui a participé à la réquisition de l’ancien restaurant, ce qui explique aussi pourquoi les gens se sont autant mobilisés dans ce projet de reconversion un peu unique en son genre.

Alors que la plateforme a permis de nourrir près de 300 000 personnes depuis le printemps, l’objectif est maintenant de réussir à pérenniser ce lieu. Pour cela il faut encore trouver un accord avec les dirigeants de McDonald’s France, propriétaires des locaux et du fonds de commerce, et à obtenir le soutien des autorités locales, notamment la mairie de Marseille.

En attendant, une association a été créée pour apporter un socle juridique au projet, l’association APRES (Association de préfiguration pour un restaurant économique et social) dont le président d’honneur est l’ancien délégué général de la Fondation agir contre l’exclusion (FACE). «L’idée est que ce futur fast-food devienne une espèce de centre de formation à la restauration rapide».

A terme, l’idée serait de créer une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) pour gérer le site, et où toutes les parties prenantes seraient représentées : les ex-salariés du restaurant, les habitants et les associations des quartiers nord, les acteurs institutionnels, les entreprises et les fondations privées etc.

En attendant, les initiateurs et bénévoles du projet se sont réunis samedi dernier pour une journée de lancement symbolique durant laquelle 1000 hamburgers bio et végétariens imaginés par des restaurateurs locaux, ont été offerts aux habitants du quartier.

En plus des nombreux marseillais venus apporter leur contribution à cette journée placée sous le signe de l’entraide, plusieurs élus locaux ou personnalités politiques étaient présents, notamment José Bové, l’ancien député européen écologiste, qui se réjouit de la démarche en suggérant même à McDonald’s France « de céder son local pour un euro symbolique à l’association ou à la ville de Marseille ».

C’est pour cet événement très médiatisé, que le nom de l’enseigne de fast-food a été changée en “L’après M”, l’après McDo, l’après mondialisation, ou tout simplement le monde d’après. Nous on y croit.

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